HISTOIRE et TRADITIONS - SALLERTAINE

Histoire de SALLERTAINE

Présentation

« Sallertaine peut à juste titre être fier de son lointain passé. Peu de communes possèdent des témoins aussi précieux qu’un menhir, trois occupations gallo-romaines et trois abbayes ou prieurés romains. Mêmes si les ravages du temps et des guerres ont ruiné la plupart de ces édifices, les recherches archéologiques actuelles apportent des données fiables.

« La première occupation connue de l’Île de Sallertaine remonte à environ 5000 ans. Les premiers agriculteurs néolithiques s’étaient établis sur les anciens rivages pratiquant culture, élevage et pêche.

« Au début de notre ère, les gallo-romains construisirent l’édifice le plus prestigieux qu’ait connu Sallertaine : une vaste et imposante ‘villa’. On peut la dater avec précision grâce aux monnaies et aux céramiques : du début du 1er siècle jusqu’à la fin du IVe siècle.

« Les Gallo-romains pendant 400 ans furent les premiers bâtisseurs de l’Île : il ne reste que peu de choses de la luxueuse villa s’étageant du Moulin Arnaudeau à l’ancienne côte, au sud. Compte tenu du très important volume de pierres utilisés pour ces bâtiments, nos ancêtres ont dû exploiter les rochers calcaires de surface, modifiant fortement la topographie du bourg de Sallertaine.

« L’Histoire reste muette entre le Ve et le Xe siècles. L »exploitation des carrières reprendra à la période romane dès le XIe siècle pour la construction des monuments monastiques, des églises, des chateaux, puis des ‘logis’ et va se poursuivre sur toute l’Île jusqu’au milieu du XX siècle.

« L’ancienne carrière du jardin Fortin[1] est difficile à dater. Cependant un petit édifice(sans doute une chapelle funéraire) située dans l’angle N.E. de la parcelle porte les dates probables (1618-1689). Dans cet édifice taillé dans la roche, avec un petit autel, reposait autrefois un sarcophage de pierre.[2] »

La civilisation mégalitique a laissé plusieurs témoignages : la Pierre du Molin près de Perray et la Pierre levée ou Pierre du Diable, Il faut peut-être ajouter la Prépoise .

Pont-habert connut un établissement remarquable dès l’antiquité . En 1802, des fondations immenses y furent mises à jour par l’ouverture d’une carrière ; le préfet Cavoleau et l’ingénieur des Ponts et Chaussées La Bretonnière arrivèrent trop tard pour pouvoir identifier avec certitude les substructions de l’édifice. D’après La Bretonnière, il s’agissait d’un édifice utilitaire plutôt que de luxe ; il n’y remarqua pas de matériaux précieux, mais par contre une importante installation d’adduction et d’évacuation d’eau au service de grands bassins. Une pièce de Constantin et une de Gordien le jeune avaient été trouvées sur les lieux.

Dés le début de la féodalité, apparaissent successivement le prieuré Saint Martin de Sallertaine, Fondé en 1050, par les moines de l’abbaye de Marmoutiers(près de Tours)

Et celui de la Lande en Beauchêne, fondé par les moniales de Fontevraud (Maine et Loire)

Le prieuré de Saint Martin avait pour origine l’acquisition de la moitié de l »église du même nom, qui appartenait de St Liguaire près de Niort, par l’abbé Albert de Marmoutiers.. Il est vraisemblable que le premier prieuré se Sallertaine était dû à la générosité d’Hubert 1er de Thouars.

Les moines de Marmoutiers possédaient également la chapelle de Sainte Marie Madeleine à Pont-Habert . Les templiers de Coudrie avaient eux aussi des intérets dans cette localité située à un point stratégique : la moitié du péage perçu sur le pont où la route venant de Challans franchit le Grand Etier.

Présentation de l'histoire de Sallertaine dans le bulletin paroissial de novembre 1911
[1]Actuellement connu par le nom de jardin de Vaulieu
[2] Texte de Adam Gaborit natif de Sallertaine

Notice géographique

La commune de Sallertaine est partagée presque également entre le Bocage au nord et le Marais au sud. L’ ancienne île de Sallertaine se trouve séparée de la ‘rive’ par le Grand Etier de Sallertaine dont le cours sinueux suit une direction: ouest-est depuis Pont-Habert , à la limite de la commune de Challans, jusqu’à son confluent avec le ruisseau du Grand Taizan, près du Cabot à la limite de la commune de Saint Urbain. Un kilomètre plus au nord, un chemin rural suit à peu près exactement la ligne de partage entre les deux zones, depuis le Bout de Ville, à la sortie de Pont-Habert jusqu’au pont de la Vallée, tout près de Saint Urbain:

L’hydrographie tient naturellement une place très importante dans la vie de la commune: celle-ci est presque entièrement délimitée par des cours d’eau, au nord le ruisseau du Marais Blanc la sépare de celle de Châteauneuf, puis le ruisseau du Grant Taizan de celle de Saint Urbain. Au sud, une digue de première importance, la Chaussée de Marconnais, doublée d’un canal, sépare le marais de Sallertaine de celui du Perrier, dont le système de drainage est orienté tout différemment. Situé au sud du promontoire de Beauvoir-Saint Urbain, dans l’ancien golfe qui porte le même nom que lui, le marais de sallertaine est plus bas que ceux situés plus au sud; cependant l’écoulement des eaux y est suffisant, grâce au Grand Etier de Beauvoir dans lequel se jette celui de Sallertaine,

Longtemps sans autre moyen de communication que les charrauds et les fossés de yollage, le marais est traversé depuis l’époque napoléoniène par la grand-route rectiligne reliant le Perrier à Saint Urbain.

La partie bocagère s’élève très régulièrement suivant un axe sud-ouest nord-ouest depuis la ‘rive’ (3m aux Eves) jusqu’à la butée du Perray (20m); le niveau des 10 m est atteint à l’Aubraie au nord, à Mauny, au centre, à la Mustrie, à l’est, celui des 15m aux Quatre Moulins et à la Tonnelle. La forêt a disparu à peu près totalement; il ne reste plus que quelques bouquets d’arbres épars, principalement autour des Groisardières, du Petit bois et de la Sause, à travers un terroir entièrement mis en culture. Celui-ci est traversé du sud-est au nord_ouest par la route nationale N 148, principale voie de communication de la région, de la Roche sur Yon à Noirmoutier, mais sans profit apparent pour la commune: le bourg en est à l’écart et aucune autre agglomération ne s’y est établie, en dehors de Pont Abert qui reste dans l’orbite de Challans.

Sallertaine est relié par des routes sinueuses à Chateauneuf, St Urbain, le Perrier et Soullans. Times New Roman"[1]

Avant la Révolution le grand axe qui reliait la Garnache capitale administrative de la région à Beauvoir passait par le Molin la Croix Jaulin ,le Paradis les Morandières, Ce chemin traversait le ‘bourg de la Lande’ et constituait une voie importante pour desservir en particulier le Champ de Foire de la Lande ou avait lieu les célèbres Foires du mois de juillet et ce depuis le milieu du XIIe siècle.

A cette époque un autre Axe partait du bourg de Sallertaine passait par la Croix, les Quatre Moulins de l’époque c'est-à-dire le carrefour situé à égale distance des Ormeaux à la Frandière, la Tonnelle , La Belle Etoile , et coupait à cet endroit le précédant axe. Pour rejoindre Châteauneuf et lÎle Chauvet.La Lande était une véritable agglomération.

[1] Note de Pierre Gautier

Ce document écrit par P. Simonneau en 1882 expose l'essentiel de l'histoire de Sallertaine.
Il a été publié en 1883 dans "L'annuaire de la Société d'émulation de la Vendée"